Une innovation testée sur le terrain
Avec l'essor des matériaux biosourcés, de nouvelles alternatives voient le jour pour améliorer les pratiques agricoles et horticoles. Parmi elles, le paillage en laine de mouton se distingue comme une solution prometteuse. Cette technique, développée en Belgique par Woolconcept en collaboration avec la Haute école Condorcet et le Carah, présente de nombreux atouts confirmés par des tests rigoureux sur le terrain.
Une solution efficace contre les adventices
Le paillage a pour but principal de limiter la croissance des mauvaises herbes tout en préservant l'humidité du sol. Lors d'essais comparatifs, les chercheurs ont testé différents grammages et densités de laine, les comparant à un géotextile synthétique et à une toile de chanvre.
Les résultats montrent que plus le grammage et le serrage de la laine sont élevés, plus le paillage est efficace dans le contrôle des adventices. Dans certains cas, son efficacité est équivalente à celle des géotextiles synthétiques, offrant ainsi une alternative naturelle et biodégradable aux solutions plastiques.
Un impact régulateur sur la température et l'humidité du sol
L'impact des paillages sur la température et l'humidité du sol a été analysé à l'aide de sondes placées à 5 cm sous la surface. Les conclusions sont claires : la laine de mouton contribue à modérer les variations de température du sol. Contrairement aux géotextiles synthétiques, qui provoquent une hausse importante des températures maximales en journée, la laine aide à réguler ces fluctuations et maintient des températures plus homogènes.
De plus, bien que l'effet sur l'humidité du sol soit légèrement inférieur à celui des géotextiles plastiques, la laine réduit significativement l'évaporation, favorisant ainsi une meilleure rétention de l'eau.
Une valorisation de l'azote pour les cultures
L'un des atouts majeurs du paillage en laine de mouton réside dans sa composition chimique. Contrairement au chanvre, qui présente un rapport C/N élevé (environ 40) pouvant provoquer une "faim d'azote", la laine de mouton contient près de 15 % d'azote et un rapport C/N d'environ 3.
Les tests de biodégradation en laboratoire et en serre ont démontré que la laine libère rapidement de l'azote minéral, utilisable par les plantes en moins de 50 jours. Cette caractéristique en fait un apport intéressant pour les cultures, stimulant leur croissance tout en offrant un paillage durable et efficace.
Un potentiel d'optimisation et de diversification
Les observations menées montrent que la conception du paillage en laine de mouton peut encore être affinée pour maximiser ses effets. Le choix du grammage et du serrage influe directement sur ses performances, et d'autres pistes restent à explorer, comme l'ajout de substances fertilisantes ou l'adaptation aux différentes cultures et types de sols.
Cette étude ouvre la voie à de futures collaborations et développements, permettant d'améliorer encore davantage cette alternative durable au service de l'agriculture et du maraîchage. Une belle illustration de l'innovation au service de la nature !